Un planning avec un dimanche, un salarié qui hésite à refuser, un employeur qui se demande s’il doit payer double : le travail le dimanche soulève toujours les mêmes questions. Le Code du travail pose un principe simple, le repos hebdomadaire est donné le dimanche, puis l’entoure de nombreuses dérogations. Chacune a ses conditions, ses salariés concernés et ses contreparties. Voici comment identifier la règle applicable à votre entreprise, ce que le salarié peut refuser et ce qu’il doit percevoir.
Ce qu’il faut retenir
- Le Code du travail impose un repos hebdomadaire minimal de 24 heures consécutives auquel s’ajoute le repos quotidien de 11 heures, soit 35 heures au total, en principe le dimanche.
- Les dérogations au repos dominical sont permanentes (hôtels, restaurants, commerces de détail alimentaire jusqu’à 13 heures…), conventionnelles, préfectorales, municipales ou liées à des zones touristiques et commerciales.
- Aucune majoration de salaire universelle n’existe pour un dimanche travaillé : tout dépend du motif de la dérogation et de la convention collective.
- Pour les dérogations du préfet, du maire, des zones et les dérogations conventionnelles, le travail dominical repose sur le volontariat écrit du salarié.
- L’employeur qui ne respecte pas le repos dominical risque une amende de 1 500 € par salarié concerné.
Le repos dominical, principe de base du droit du travail
Avant d’examiner les exceptions, il faut savoir ce que le droit du travail exige de toute entreprise du secteur privé, quel que soit son activité. Deux règles se superposent : un repos hebdomadaire minimal et le choix du dimanche comme jour de ce repos.
Définition et caractère obligatoire du repos dominical
Le Code du travail interdit de faire travailler un salarié plus de six jours par semaine. Le jour de repos qui en découle doit, en principe, être le dimanche : c’est le principe du repos dominical. Le travail le dimanche reste donc une exception, qui n’est licite que si l’entreprise entre dans l’un des cas de dérogation prévus par les textes.
La loi n’impose qu’un seul jour de repos par semaine, pas deux. Si votre entreprise accorde un deuxième jour, il n’a pas à tomber le samedi : il peut être fixé n’importe quel jour, selon l’organisation du travail. Une idée reçue tenace mérite aussi d’être corrigée dès maintenant : le Code du travail ne prévoit pas de salaire doublé pour tout dimanche travaillé. Le salarié n’a droit à une majoration que si la dérogation utilisée ou sa convention collective le prévoit.

Le repos hebdomadaire minimum à attribuer aux salariés
Le repos hebdomadaire dure 24 heures consécutives. Il s’ajoute au repos quotidien de 11 heures, ce qui porte le repos minimal à 35 heures d’affilée chaque semaine. Cette règle s’applique à tous les salariés, y compris ceux qui travaillent le dimanche grâce à une dérogation : leur repos hebdomadaire est alors déplacé sur un autre jour, souvent par roulement au sein de l’équipe.
Certaines conventions collectives vont plus loin. La convention Éclat (animation) prévoit une organisation du travail qui assure deux jours de repos consécutifs. La convention Alisfa (acteurs du lien social) impose, sauf exception, un repos hebdomadaire de deux jours consécutifs comprenant obligatoirement le dimanche. Pour les apprentis mineurs autorisés à travailler le dimanche, le repos hebdomadaire est également de deux jours consécutifs.
Les dérogations permanentes au repos dominical
Certaines activités ne peuvent pas s’arrêter le dimanche. Le Code du travail, aux articles L3132-12 et L3132-13, leur accorde une dérogation permanente de droit : l’entreprise peut attribuer le repos hebdomadaire par roulement sans demander d’autorisation à l’administration. La liste des activités concernées figure dans un tableau annexé à l’article R3132-5 du Code du travail.
Dérogations liées aux contraintes de production ou aux besoins du public
Cette dérogation permanente vise les établissements dont le fonctionnement ou l’ouverture le dimanche est rendu nécessaire par les contraintes de la production, de l’activité ou par les besoins du public. Les secteurs couverts sont variés :
- les établissements de santé et de soins (cliniques, thalassothérapie, balnéothérapie) ;
- les activités récréatives, culturelles et sportives : spectacles, musées, expositions, casinos, parcs d’attractions ;
- les entreprises de journaux et d’information ;
- les commerces d’ameublement, les fleuristes et les commerces de détail de bricolage ;
- les foires, salons, congrès, colloques et séminaires, pour l’organisation, le montage, le démontage, la tenue des stands et l’accueil du public ;
- les centres culturels, sportifs et récréatifs, pour les activités situées dans leur enceinte et liées à leur objet.
Les juges regardent à la fois la structure et l’activité exercée. Une banque a ainsi été autorisée à employer du personnel le dimanche sur un salon professionnel, alors que les banques ne figurent pas dans le tableau. Le secteur des services à la personne illustre aussi cette logique : la convention collective de branche justifie le travail dominical par la nécessité d’interventions quotidiennes liées à la nature des services rendus.
Dérogations spécifiques aux commerces de détail alimentaire
Les commerces qui fabriquent sur place des produits alimentaires destinés à la consommation immédiate, comme la boulangerie ou la pâtisserie, relèvent de la dérogation permanente de droit. Leurs salariés peuvent être tenus de travailler le dimanche si leur contrat de travail le prévoit.
Les autres commerces de détail alimentaire (alimentation générale, boucherie, fromagerie, épiceries vrac ou bio, supermarchés et hypermarchés) peuvent donner le repos hebdomadaire le dimanche à partir de 13 heures, sous réserve de respecter des contreparties spécifiques pour les grandes surfaces. Le travail dans les commerces de détail alimentaire s’arrête donc à 13 heures, sauf si le magasin se trouve en zone touristique internationale ou dans une grande gare. Les contreparties prévues par le Code du travail sont précises :
- un repos compensateur d’une journée entière, par roulement et par quinzaine pour les salariés des commerces de détail alimentaire ;
- pour les salariés de moins de 21 ans logés chez l’employeur, un après-midi de repos supplémentaire par roulement et par semaine ;
- dans les magasins dont la surface de vente dépasse 400 m², une majoration de salaire d’au moins 30 % pour les heures travaillées le dimanche.
Dérogations pour les hôtels, cafés et restaurants
Hôtels, cafés, restaurants, débits de boissons et de tabac figurent dans la liste des dérogations permanentes. Le secteur de l’hôtellerie-restauration organise le repos hebdomadaire par roulement, sans autorisation préalable, et peut imposer le travail le dimanche à un salarié dont le contrat le prévoit.
Ce secteur fait partie de ceux où les apprentis mineurs peuvent travailler le dimanche. La liste comprend : hôtellerie, restauration, traiteur et organisateur de réception ; café, tabac et débit de boisson ; boulangerie, pâtisserie, boucherie, charcuterie, fromagerie-crèmerie, poissonnerie ; vente de fleurs naturelles, jardinerie et graineterie. En dehors de ces secteurs et de ceux du spectacle ou de la vente de fleurs, un apprenti de moins de 18 ans ne travaille pas le dimanche.
Dérogations en Alsace-Moselle
Les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle appliquent un droit local qui encadre le repos dominical selon des règles distinctes de celles du reste du territoire. Si votre établissement y est situé, les dérogations décrites dans cet article ne se transposent pas automatiquement : vérifiez les dispositions locales applicables à votre activité auprès des services du ministère du Travail en région avant d’organiser le travail dominical.
Les dérogations temporaires et sectorielles au travail du dimanche
Hors des activités listées par le Code du travail, une entreprise peut ouvrir le dimanche grâce à un accord collectif, une autorisation administrative ou sa situation géographique. Point commun de ces dérogations : le salarié doit, dans la plupart des cas, être volontaire et donner son accord par écrit.
Dérogations fixées par les conventions collectives
Les dérogations conventionnelles concernent principalement les entreprises industrielles. Une convention ou un accord collectif peut organiser le travail le dimanche, notamment par des équipes de suppléance : des salariés affectés au week-end pour remplacer les équipes de semaine pendant leur repos. La rémunération des équipes de suppléance est majorée d’au moins 50 % par rapport au taux horaire normal.
Dans une entreprise industrielle qui applique une dérogation conventionnelle, le travail dominical repose sur le volontariat écrit du salarié. La convention collective fixe aussi, dans de nombreuses branches, les contreparties en salaire ou en repos : c’est le premier texte à consulter.

Dérogations accordées par arrêté préfectoral ou municipal
Le préfet peut autoriser un établissement à donner le repos un autre jour que le dimanche lorsque le repos simultané de tous les salariés le dimanche serait préjudiciable au public ou compromettrait le fonctionnement normal de l’établissement. Les articles L3132-20 à L3132-23 du Code du travail encadrent cette dérogation. Les contreparties sont fixées par un accord collectif ou, à défaut, par une décision unilatérale de l’employeur, avec au minimum un salaire doublé et un repos compensateur.
Le maire, lui, peut autoriser les commerces de détail à ouvrir certains dimanches, par exemple avant Noël. Ces « dimanches du maire » sont limités à 12 dimanches par an, et leur liste doit être arrêtée avant le 31 décembre de l’année précédente. Chaque salarié volontaire perçoit au moins le double de sa rémunération habituelle et bénéficie d’un repos compensateur équivalent en temps : un dimanche travaillé donne droit à un jour de repos.
Dans les deux cas, seuls les salariés volontaires ayant donné leur accord écrit peuvent travailler le dimanche. Leur refus ne peut être ni une faute, ni un motif de licenciement, ni la cause d’une mesure discriminatoire.
Dérogations liées aux zones touristiques internationales et zones commerciales
La localisation de l’établissement ouvre une autre voie. Le Code du travail distingue quatre catégories de zones :
| Type de zone | Critères et exemples |
|---|---|
| Zones touristiques internationales (ZTI) | À Paris : Champs-Élysées-Montaigne, Haussmann, Le Marais, Saint-Germain, Les Halles, Montmartre… Ailleurs : Paris La Défense, Serris-Val d’Europe, Deauville, La Baule-Escoublac, Cannes, Nice, Antibes |
| Zones touristiques | Définies par arrêté préfectoral, pour des communes qui accueillent une population supplémentaire importante à certaines périodes (attraits naturels, culturels, historiques, loisirs, thermalisme) |
| Zones commerciales | Définies par arrêté préfectoral : au moins 20 000 m² de surface et 2 millions de clients par an ; 2 000 m² et 200 000 clients à moins de 30 km d’une zone concurrente frontalière |
| Grandes gares | Paris Saint-Lazare, Gare du Nord, Gare de Lyon, Montparnasse, Lyon Part-Dieu, Marseille Saint-Charles, Bordeaux Saint-Jean, Nice-Ville… |
Dans ces zones touristiques et commerciales, le travail dominical exige un accord collectif fixant les contreparties pour les salariés. L’accord peut prévoir des mesures pour concilier vie professionnelle et vie personnelle, compenser les frais de garde d’enfants ou tenir compte de l’évolution de la situation personnelle du salarié. Celui-ci travaille sur la base du volontariat écrit et peut demander à ne plus travailler le dimanche.
Peut-on obliger un salarié à travailler le dimanche ?
La réponse dépend de la dérogation dont bénéficie l’entreprise. Le tableau ci-dessous résume la situation pour chaque cas.
| Situation de l’établissement | Travail le dimanche |
|---|---|
| Dérogation permanente de droit (hôtellerie-restauration, commerces de détail alimentaire, etc.) | Peut être imposé si le contrat de travail le prévoit |
| Entreprise industrielle avec dérogation conventionnelle | Volontariat écrit du salarié |
| Zone touristique internationale, zone touristique, zone commerciale, grande gare | Volontariat écrit du salarié |
| Dérogation accordée par le maire | Volontariat écrit du salarié |
| Dérogation accordée par le préfet | Volontariat écrit du salarié |
Même dans une entreprise qui bénéficie d’une dérogation permanente, demander à un salarié de travailler le dimanche alors que son contrat ne le prévoit pas revient à modifier ce contrat. L’accord du salarié est alors indispensable. La situation est différente lorsque le travail dominical figure dans le contrat dès l’embauche : le salarié l’a accepté en le signant.
Le droit du travail protège aussi le salarié qui refuse. L’employeur ne peut pas écarter un candidat à l’embauche parce qu’il refuse de travailler le dimanche, et un salarié qui exerce ce refus dans le cadre du volontariat ne peut être ni sanctionné ni licencié pour ce motif. Pour un salarié, le premier réflexe consiste à relire son contrat de travail, puis sa convention collective.
La rémunération du travail le dimanche
Aucune majoration n’est prévue par la loi pour l’ensemble des dimanches travaillés. Le bénéfice d’une majoration dépend du motif de la dérogation, puis des textes conventionnels et du contrat.
Majoration de salaire applicable
Lorsque le Code du travail fixe un minimum, il varie fortement selon la dérogation :
| Dérogation | Majoration minimale prévue par le Code du travail |
|---|---|
| Dérogation permanente de droit (hôtels, cafés, restaurants, santé, loisirs…) | Aucune, sauf disposition de la convention collective |
| Commerces de détail alimentaire de plus de 400 m² | Au moins 30 % |
| Équipes de suppléance | Au moins 50 % |
| Dimanches du maire | Salaire au moins doublé |
| Dérogation préfectorale | Salaire au moins doublé |
| Zones touristiques, zones commerciales, grandes gares | Contreparties fixées par l’accord collectif |
Pour connaître la règle exacte, suivez l’ordre des textes. Une convention ou un accord d’entreprise, de groupe ou d’établissement s’applique en priorité, qu’il soit plus ou moins favorable que la convention de branche, à condition d’être au moins aussi favorable que le Code du travail. À défaut, la convention collective de branche étendue s’applique. Le Code du travail sert de plancher. Et si le contrat de travail contient des clauses plus favorables, ce sont elles qui priment.
Un dimanche qui coïncide avec un jour férié ne cumule pas les majorations, sauf si la convention collective ou une décision de l’employeur le prévoit. Côté salariés, une vigilance s’impose aussi : certains employeurs tendent à réduire les compensations financières une fois le travail dominical installé. Faire préciser les contreparties par écrit protège contre ce risque.
Modalités de calcul et mention sur le bulletin de paie
La majoration se calcule sur le salaire horaire de base, pour chaque heure travaillée le dimanche. Le bulletin de paie doit faire apparaître ces heures distinctement des heures normales, avec la majoration correspondante clairement indiquée. Le salarié peut ainsi vérifier qu’il perçoit bien la rémunération due au titre du travail du dimanche, et l’employeur dispose d’une trace utile en cas de contrôle ou de litige.
Le repos compensateur après un travail le dimanche
Premier point à retenir : le repos hebdomadaire de 24 heures reste dû au salarié qui a travaillé le dimanche. Il est simplement attribué un autre jour de la semaine. Le repos compensateur, quand il existe, vient en plus de ce repos hebdomadaire et ne peut pas le remplacer. Confondre les deux expose l’employeur à un manquement au Code du travail.
Le droit à un repos compensateur dépend, comme la majoration, de la dérogation. Dans les commerces de détail alimentaire, le salarié bénéficie d’un repos compensateur d’une journée entière par roulement et par quinzaine. Pour les dimanches du maire, chaque dimanche travaillé donne droit à un repos compensateur équivalent en temps, en plus du salaire doublé. La dérogation préfectorale prévoit également un repos compensateur. Dans les entreprises de plus de 10 salariés, la majoration de salaire peut ainsi s’ajouter à un repos compensateur selon les situations.
Pour les dérogations permanentes de droit, la loi ne prévoit aucune contrepartie particulière. La convention collective prend souvent le relais :
- la convention Alisfa accorde, pour un dimanche ou un jour férié travaillé, un repos compensateur de remplacement d’une durée équivalente majorée de 50 % : 8 heures travaillées ouvrent droit à 12 heures de repos ;
- la convention Éclat prévoit, pour un travail effectué pendant un jour de repos hebdomadaire, soit une récupération égale majorée de 50 %, soit le paiement d’heures supplémentaires majorées de 50 %.
Sans texte conventionnel, l’employeur peut négocier avec son équipe ou décider unilatéralement d’une contrepartie, en salaire ou en repos. Ce choix mérite réflexion. Travailler régulièrement le dimanche entraîne une fatigue importante et un sentiment de perte de temps personnel, au point que certains salariés passent ensuite leur week-end entier à dormir. Un repos compensateur bien placé limite ce risque d’épuisement, ce qu’une prime seule ne fait pas.

Mettre en place le travail le dimanche : démarches et conditions
Pour un employeur qui veut faire travailler ses salariés le dimanche, la démarche se résume à deux vérifications : l’activité entre-t-elle dans une dérogation, et quels salariés peuvent être sollicités ?
Vérifier l’applicabilité de la dérogation permanente de droit
La dérogation permanente de droit ne demande aucune autorisation : ni préfet, ni maire, ni inspection du travail à solliciter. Cette simplicité a une contrepartie. En cas de litige, l’entreprise doit pouvoir démontrer que sa structure et son activité correspondent bien au tableau de l’article R3132-5 du Code du travail ou aux articles L3132-12 et L3132-13.
Procédez dans cet ordre :
- Identifiez l’activité exercée le dimanche, et pas seulement l’activité principale de l’entreprise : un stand sur un salon peut relever de la dérogation alors que le siège n’en relève pas.
- Comparez-la au tableau des dérogations permanentes du Code du travail.
- Si elle n’y figure pas, examinez les autres voies : convention collective, arrêté préfectoral, dimanches du maire, localisation en zone touristique ou commerciale.
- Consultez la convention collective pour les contreparties, puis formalisez l’organisation du repos par roulement.
Pour un commerce de détail alimentaire, vérifiez aussi l’horaire : au-delà de 13 heures, seule une implantation en zone touristique internationale ou en grande gare autorise à poursuivre le travail dominical.
Salariés concernés et conditions de mise en œuvre
Seules les personnes dont les fonctions correspondent réellement à l’activité justifiant la dérogation peuvent travailler le dimanche. Une salariée chargée de tâches administratives ne peut pas être appelée le dimanche au motif que l’entreprise tient un stand pédagogique sur un salon : sa fonction n’a pas de lien avec l’activité dérogatoire.
Le volontariat est la règle dès que le contrat de travail ne prévoit pas le travail le dimanche. Modifier le contrat n’est pas obligatoire, mais solliciter l’accord du salarié l’est. L’accord écrit est fortement recommandé, et il est exigé pour les dérogations du préfet, du maire et des zones. Renouvelez la demande à chaque occasion : le salarié doit pouvoir refuser facilement, sans pression. Vérifiez enfin les règles propres aux apprentis mineurs, limités aux secteurs listés plus haut.
Risques et responsabilités de l’employeur en cas de non-respect
Faire travailler un salarié le dimanche sans dérogation, ou sans respecter ses conditions, expose l’employeur à une amende de 5e classe, d’un montant maximal de 1 500 €. Elle s’applique autant de fois qu’il y a d’infractions et de salariés concernés : trois salariés employés illégalement un dimanche, ce sont trois amendes possibles.
Le salarié peut aussi saisir le conseil de prud’hommes s’il estime que son travail dominical était illicite. Les juges accordent alors des dommages et intérêts selon le préjudice subi, en particulier l’atteinte au droit au repos et à la vie personnelle. Un accord de volontariat absent, ou recueilli une seule fois puis jamais renouvelé, fragilise la position de l’entreprise.
En cas de doute sur le régime applicable, les services du ministère du Travail en région informent et orientent gratuitement les salariés et les employeurs du secteur privé. Avant de programmer le prochain dimanche, l’employeur gagne à vérifier trois documents dans cet ordre : le tableau des dérogations du Code du travail, la convention collective et le contrat de chaque salarié. Le salarié, lui, retrouve dans ces mêmes textes la réponse à ses deux questions pratiques : peut-il refuser, et que doit-il percevoir pour ce dimanche travaillé ?
